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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 17:38

Deux événements récents nous donnent à réfléchir, qui concernent deux régions du monde : la Russie et le Sahara. En Russie, la chute brutale du rouble de plus de 40% ne peut être un accident. C’est au contraire une action volontaire de la part de l’axe israélo-américain pour faire pression sur la Russie afin que le conflit ukrainien se résolve à l’avantage de celui-ci. S’y ajoute une chute du prix du pétrole, elle aussi provoquée, et qui a pour conséquence d’accélérer la crise économique en Russie, obligée de vendre son gaz moins cher.

Le deuxième événement est la visite surprise de notre ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian dans l’extrême nord du Niger, tout près des premiers sanctuaires djihadistes libyens. Un premier contingent de 3000 hommes a été envoyé auprès des troupes tchadiennes, en vue d’endiguer le développement d’un «sanctuaire terroriste» en Libye qui déstabiliserait toute la région et menacerait l’Europe. Le côté comique de l’affaire, si l’on peut dire, pour ne pas en pleurer, est que la France avait effectué une opération militaire - commanditée, là encore, par l’axe israélo-américain - qui a provoqué la chute et l’assassinat de Kadhafi et poussé Jean-Yves Le Drian à déclarer que l’intervention militaire française va sans doute durer plusieurs années.

Rappelons que la Russie a, elle aussi, exercé des sanctions en rétorsion de ce qu’elle subissait, sous la forme d’une annulation des commandes de produits agricoles, ce qui n’arrange pas les affaires des paysans français. Deux exemples, donc, d’une politique décidée au-delà de l’Atlantique et dont la France subit les conséquences. Peut-elle y échapper ? Certes, mais à certaines conditions.

Les forces en présence

Voyons quelles sont, au niveau international, les forces en présence. La force la plus présente, pour nous occidentaux, est l’axe israélo-américain. C’est celui qui nous gouverne, par personnes interposées, et qui est la cause première de notre appauvrissement économique et des guerres dans lesquelles la France est, malgré elle, entraînée. La deuxième force à laquelle on songe est la Chine, qui est devenue la première puissance économique mondiale. Les Etats-Unis sont, pour elle, un partenaire économique mais en même temps un ennemi, pour au moins deux raisons : la concurrence que se font ces deux géants pour accaparer les matières premières au niveau international et le fait que la Chine détient une masse de créances libellées en dollars, c’est-à-dire en monnaie de singe. Cette deuxième raison pousse la Chine à projeter de faire du renminbi la nouvelle monnaie des échanges internationaux, ce qui sera le cas le jour prochain où cette monnaie sera convertible en or. Ce sera alors le rétablissement de l’étalon or et la chute inexorable du dollar, donc de l’économie américaine.

Les deux autres forces sont plus potentielles que réelles. L’une est l’Europe, mais une Europe indépendante incluant la Russie et pratiquant la préférence communautaire. C’est plus une idée, un devenir possible, mais non une réalité, comme chacun sait. Mais cette perspective est considérée comme une menace à la fois politique et économique pour l’axe israélo-américain qui fait tout pour tuer ce projet dans l’œuf. La deuxième force potentielle est l’islam. Certes l’islam est très divisé. Mais sa partie extrémiste, l’islamisme, dispose d’un atout puissant : il offre à une jeunesse désespérée un idéal à la fois politique et spirituel, alors que, malheureusement, la chrétienté, ou ce qu’il en reste, n’a plus le courage de lui opposer la seule vraie alternative, celle d’une conversion du monde au Christ.

En résumé, pour rejoindre l’analyse pertinente de Samuel Huntington, nous sommes en présence de deux forces dont la religion est le dieu-argent, d’un islam combatif et d’une chrétienté sur la défensive.

Comment échapper à la domination de l’axe américano-israélien ?

Pourquoi parler de la chrétienté ? Nombreux sont ceux qui diront qu’elle n’existe plus. Et pourtant les deux millions de personnes qui sont descendues dans la rue pour combattre la loi Taubira étaient pour la plupart soit des chrétiens, soit des personnes adhérant aux valeurs chrétiennes.

Plus fondamentalement, comment imaginer la construction d’une Europe dégagée de l’oppression des puissances financières, sinon en lui opposant d’autres valeurs, des valeurs universelles ? Il y a en effet une opposition radicale entre l’Union Européenne telle qu’elle est construite, basée sur le traité de Lisbonne, qui n’est qu’un maillon de la domination mondialiste, et une Europe des Patries, fonctionnant selon le principe de subsidiarité cher à la doctrine sociale de l’Eglise, c’est-à-dire une distribution des compétences de la base au sommet et non du sommet à la base.

La doctrine sociale de l’Eglise est un ensemble de textes matérialisant une pensée qui s’est développée sur plus d’un siècle. Ses deux piliers sont le principe de subsidiarité et les corps intermédiaires, ces derniers ayant été tout bonnement supprimés à la révolution française, pour ne réapparaître timidement que près d’un siècle plus tard. Voilà quel mépris avaient les premiers républicains à l’égard de la solidarité et de la protection sociale. Quels textes doctrinaux la république peut-elle opposer à celle-ci ? Aucun. Prenons l’exemple du principe de laïcité, souvent cité par les républicains : tout le monde sait que ce n’est rien d’autre qu’un instrument pour tuer le christianisme. Où est l’universel dans tout cela ? Il n’y a qu’un esprit partisan.

La seule alternative au projet mondialiste, en ce qui concerne l’Europe, est donc une Europe des Patries unies autour d’une référence commune : leur tradition chrétienne millénaire. Une Europe qui va, bien entendu, de Brest à Vladivostok.

Quelle diplomatie pour la France ?

Rappelons-nous que la France est « la fille aînée de l’Eglise ». Cela signifie que le salut du monde viendra de la France. C’est à elle de mener le combat politique au sein de l’Europe pour faire avancer l’alternative au traité de Lisbonne : l’Europe des Patries. C’est donc à nous, royalistes, de construire l’unité de toutes les forces qui, en Europe, sont prêtes à se battre pour ce projet.

Mais rien ne peut se faire sans une vision économique alternative à la mondialisation, laquelle, ne l’oublions pas, n’est pas du tout une fatalité mais l’instrument économique du projet mondialiste. Cette alternative, la France doit la construire en étroite collaboration avec la Francophonie. Rappelons notre position sur ce sujet : une intervention militaire ne peut se faire qu’avec un projet politique. Celui-ci doit s’appuyer sur trois axes : l’aide à l’instauration d’une gouvernance stable, l’aide au développement économique et la maîtrise de la sécurité des populations.

La priorité doit être donnée à l’Afrique. Celle-ci, comme chacun sait, est traversée d’est en ouest par le Sahel, qui oppose deux types de population : des peuples nomades au nord, et sédentaires au sud. Cela structure les deux interventions complémentaires de la France : au Sahara et en Afrique du Nord d’une part, et dans un pays choisi pour sa position stratégique au sud, la Centrafrique, d’autre part.

Au nord, nous devons nous rappeler la promesse faite aux Touareg préalablement aux accords d’Evian qui ont donné, abusivement, son indépendance à l’Algérie : la France leur avait promis la mise en place d’un Etat saharien, avec une présence militaire française leur garantissant le maintien de leur mode d’existence. En échange de quoi, la France exploitait le pétrole qu’elle avait découvert, qui était, à l’époque, hors du territoire algérien. Par ailleurs, nous savons maintenant par nombre d’historiens que la très grande majorité des algériens préférait la France à la dictature imposée par le FLN. Aujourd’hui encore, même de jeunes algériens n’ayant pas connu l’Algérie française, souhaitent le retour de l’Algérie dans le giron de la France. Notre pays a donc un devoir moral de nous porter au secours de ce peuple dont l’économie s’est effondrée, malgré l’accaparement injustifié du pétrole, du fait d’une incompétence totale de ses dirigeants. La France doit donc favoriser tout mouvement qui contribuerait à chasser le FLN du pouvoir et à établir des rapports privilégiés avec ce pays. Elle doit d’autre part inclure dans de futurs accords tripartites France-Algérie-Touareg l’établissement d’un partenariat spécifique pour l’exploitation du pétrole saharien.

Au sud, la France doit envoyer en Centrafrique une force armée suffisamment importante pour contribuer au développement de ce pays dans les trois dimensions indiquées. Les experts avancent le ratio d’un militaire pour cinquante habitants, ce qui représente un total de l’ordre de cent mille hommes sur place, pour au moins dix ans.

Pour assurer la mise en œuvre de cette politique africaine, le budget de la Défense doit passer de 1,5 à 3% du PIB. Ceci est possible en réduisant d’autant le déficit dû à l’immigration, estimé à 50 milliards d’euros , soit environ 2% du PIB. Précisons enfin qu’un tel développement de forces militaires ne peut en aucun cas être établi sous forme d’une force multilatérale, car la politique ne se partage pas : on ne peut pas réaliser un objectif si le commandement a plusieurs têtes. On l’a vu lors de la préparation du débarquement en Normandie en juin 1944, au cours de laquelle l’Angleterre et les Etats-Unis se sont affrontés, car ces deux pays avaient des visions différentes de l’après-guerre. Comme on le sait, ce sont les Etats-Unis qui l’ont emporté, ce qui a permis un commandement unique pour diriger les opérations.

Certes, cette diplomatie peut être accusée de néocolonialisme. Elle répond en fait à l’intérêt bien compris des populations concernées. Celles-ci n’ont en effet que deux perspectives : celle proposée ici ou le développement sans fin des guerres civiles et des déplacements de populations.

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commentaires

Catoneo 03/01/2015 10:18

Je commence votre article et note une assertion gratuite concernant l'effondrement du rouble : les causes sont toutes d'ordre intérieur, c'est Jacques Sapir, agent d'influence du Kremlin à Paris, qui le dit. D'ailleurs le complot que vous suggérez serait idiot puisque le rouble n'a aucun marché transactionnel hors de Russie.
Je vais faire l'économie de la suite de l'article.
Bonne journée.

Georges TARTARET 04/01/2015 18:55

Cher Monsieur,
Je vous remercie d'avoir consacré un peu de temps à commenter mon article. Des avis, quels qu'ils soient, sont toujours précieux pour un auteur.
Concernant le rôle éventuel du rouble sur le marché transactionnel, la question n'est pas de savoir s'il existe ou non, mais de constater que l'effet immédiat est la hausse de 40% des importations russes.
Quant à l'existence ou non d'un complot, il est clair que certaines puissances, que j'ai nommées dans mon article, veulent la mort de la Russie, tout au moins dans son orientation politique actuelle. Si vous ne croyez pas à une politique organisée dans les coulisses, comment expliquez-vous que, depuis 1920, tous les présidents des USA, sauf un, sont issus du CFR ? Cordialement. GJ

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