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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 07:25

Dans un article récent (Le Monde du 2 août 2017), Audrey Garric nous informe que l’empreinte écologique du monde est de 1,7. Cela signifie que nous absorbons chaque année 1,7 fois les ressources de la planète pour couvrir nos besoins de consommation.

« Nous contractons cette dette car nous coupons des arbres à un rythme supérieur à celui de leur croissance, nous prélevons plus de poissons dans les mers qu'il en naît chaque année, et nous rejetons davantage de carbone dans l'atmosphère que les forêts et les océans peuvent en absorber. Les conséquences de cette surconsommation se font d'ores déjà sentir : déforestation, déclin de la biodiversité, pénuries en eau, acidification des océans, forte érosion des sols, accumulation des déchets ou encore élévation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère affectent l'ensemble du globe ». Donc une dégradation dans six domaines différents…

Nous allons droit dans le mur !

A ce rythme, il ne faudra pas s’étonner qu’un jour prochain les habitants de la terre n’aient plus rien à manger.

Pourtant, à Rio de Janeiro, en 1992, les représentants des principaux pays s’étaient réunis et avaient mis en avant le concept de développement durable. Rappelons que cette notion signifie que le développement d’un pays doit être tel qu’il puisse « répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins » (Wikipédia). L’indicateur d’empreinte écologique est donc un bon indicateur pour observer si nous allons ou pas dans le sens du développement durable.

Dans les sociétés sans Dieu dans lesquelles nous vivons, les pouvoirs politiques ont poussé les citoyens à prendre des mesures en faveur du développement durable, mais toujours à une échelle micro-économique, jamais macro-économique. Il en est ainsi de la propagande quotidienne relative à la lutte contre le « réchauffement climatique ». Outre le fait qu’il n’est absolument pas prouvé que celui-ci soit la conséquence de l’activité humaine, il est étrange, à première vue, que l’on se préoccupe uniquement de la production des « gaz à effet de serre » - donc un seul des six domaines de dégradation vus précédemment - en refusant de voir que, pendant que l’on mène cette bataille, l’empreinte écologique continue à croître d’année en année. Par exemple, entre 1961 et 2005, l’empreinte écologique de la France a augmenté de 85 %.

Pourquoi en est-il ainsi ? A titre de conclusion, Audrey Garic cite Pierre Cannet : « On n'a pas de pays qui se présenterait comme un champion de la révolution des modes de production. Le risque est que les pays en développement voient leur empreinte écologique augmenter rapidement et que cette hausse ne soit pas compensée par une baisse suffisante de la pression des pays développés. Il faut parvenir à un équilibre. Pour espérer vivre de nouveau, un jour, dans les limites de notre planète ».

En clair, il faut remettre en question nos modes de production et d’échange. Audrey Garic le confirme en nous faisant remarquer que c’est bien le type de développement des pays « avancés » qui est en cause : « Tous les humains ne sont toutefois pas responsables de cette situation dans les mêmes proportions. Avec le train de vie australien ou américain, il faudrait plus de cinq planètes pour vivre. Les Français, eux, en ont besoin de trois, les Chinois de 2,1, bien au-dessus de la frugalité indienne (0,6 planète). Rapporté aux ressources nationales, le Japon aurait besoin de sept fois son pays pour satisfaire sa consommation actuelle, l'Italie et le Royaume-Uni de quatre fois. Au total, l'empreinte écologique des pays développés est cinq fois supérieure à celle des pays pauvres ».

A titre d’illustration, il est intéressant de se pencher sur le phénomène d’urbanisation galopante que connaissent nos sociétés. Citons ce qu’en dit Wikipédia : « le pourcentage de la population mondiale habitant en ville était de 3,4% en 1800, de 15% en 1900, de 30% en 1950 et de 50% en 2000. Au rythme actuel, 65 % de la population sera urbaine en 2025, et plus de 80 % dans de nombreux pays. Il y a déjà en l'an 2000, 213 villes de plus d'un million d'habitants, et 23 métropoles de plus de 10 millions d'habitants, et selon l’ONU (FNUAP), la population urbaine pourrait encore doubler d'ici 100 ans. 2007 serait aussi l'année où la population urbaine aurait dépassé la population rurale[2]. Entre 1900 et 2000, la population urbaine a été multipliée par 20 alors que la population mondiale se contentait de quadrupler ».

Audrey Garric se pose la question : « Quelle serait la surface de campagne, de lac ou d’océan, nécessaire pour fournir durablement les ressources nécessaires au train de vie actuel d’une ville ? La réponse est surprenante. Pour Londres, par exemple : il faut 125 fois sa surface en territoires adéquats (forêts, terres cultivables, pâturages, etc.) pour subvenir à tous ses besoins durablement ! ».

Certes, la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre est importante, puisqu’elles représentent 60 % de l'empreinte écologique mondiale. Mais pourquoi les institutions internationales ne présentent-elles pas chaque année un tableau de bord qui donne une vue d’ensemble de l’évolution de l’empreinte écologique avec ses différentes composantes ? Tout simplement parce que les puissants de ce monde, c’est-à-dire l’hyper-classe mondialiste, ne veut absolument pas remettre en question nos modes de production et d’échange. Et comme sa philosophie est malthusienne, peu lui importe que les deux tiers de l’humanité meurent de faim. Au contraire, le chaos qui en résulterait la rapprocherait, pense-t-elle, du moment où sera instauré un gouvernement mondial.

On nous endort avec des succès partiels : « Le Global Footprint Network comme le WWF notent des signes encourageants. Ainsi, l'empreinte écologique par habitant des Etats-Unis a diminué de près de 20 % entre 2005 (son point le plus haut) et 2013 (les dernières données disponibles) grâce à la baisse des émissions de carbone, et ce malgré la reprise économique. De même, la Chine, qui affiche la plus grosse empreinte écologique nationale, développe massivement les énergies renouvelables, tandis que sa consommation intérieure de charbon est en baisse – malgré la construction de nouvelles centrales. Dans l'Hexagone, l'expansion des surfaces en agriculture biologique (+ 17 % en 2016) et la hausse de la consommation de produits bio (+ 22 % pour les ménages, à domicile, en un an) " constituent des signaux positifs " pour Arnaud Gauffier, même si ces efforts sont encore trop faibles ». Mais la tendance globale va dans le mauvais sens.

Le Général De Gaulle avait eu au moins le mérite d’instaurer une politique d’aménagement du territoire. Ainsi on aurait pu entrevoir la création en France de zones d’activités – sans doute de l’ordre d’une dizaine – qui aurait été dans le sens d’un rééquilibrage entre le développement de Paris et celui de la province. Mais ce n’est que copier le modèle allemand et est loin d’être suffisant pour inverser la courbe de l’empreinte écologique.

Il est indispensable de développer les circuits courts, ce qui est conforme au principe de subsidiarité. Retenons – sans être exhaustif sur les solutions à adopter – deux objectifs : 1) que chaque pays recherche, autant que possible, l’autonomie alimentaire ; 2) que les importations d’un pays développé ne dépassent jamais 10% du PIB.

Aucune république n’est capable de mettre en œuvre un tel projet, du simple fait que la pression des électeurs – soucieux de résultats à court terme – l’en empêche. Il faut un changement des mentalités, mettant moins l’accent sur le développement matériel et davantage sur le développement culturel et spirituel. Seul un roi, ayant la responsabilité d’élever la vertu du peuple, est en mesure d’aller dans ce sens.

Vive le roi Louis XX

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